Conférence de Nicolas VANIER

Conférence-ouverture du « Séjour des Réconciliations » du 23 juin 2017

Dans le cadre de son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’Association Coteaux, Maisons & Caves de Champagne a invité un aventurier – réalisateur ayant exploré une multitude de territoires du nord de la Planète depuis 1982. Hier soir, la ville d’Epernay eut donc la chance d’accueillir Nicolas Vanier au théâtre Gabrielle Dorziat, en résonance au devoir collectif de préserver notre patrimoine commun à l’échelle locale et mondiale, dont la nature fait évidemment partie intégrante.  Plus connu par ses films L’enfant des neigesLoup ou encore Le dernier trappeur, il est venu à Epernay en toute simplicité en jean/baskets, et c’est avec émotion qu’il a partagé avec les sparnaciens ses expériences et le lien qu’ont celles-ci avec la nature.

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Le film

La conférence a débuté par la diffusion d’un film d’une trentaine de minutes, montrant les voyages, les rencontres, les tournages des différents films  ainsi que la philosophie de vie de Nicolas Vannier, en symbiose avec la nature. De ce film transparaît ses passions : l’exploration nordique et les chiens. C’est donc naturellement que les chiens de traîneau constituent l’un de ses principaux moyens de locomotion lors de ses expéditions. Il a d’ailleurs participé à plusieurs courses en compétition, dont celle de Yukon Quest en 2015, où il est arrivé en 9e position.

Le témoignage sur la réconciliation de l’Homme avec la Nature

Nicolas Vannier témoigne avec émotion qu’il a pu constater lui-même le changement du climat à travers ses voyages dans le nord, en seulement quelques dizaines d’années. En effet, ces territoires sont des indicateurs précieux puisque la glace et la neige fondent à cause de l’augmentation de la température de l’air. Ainsi, la banquise d’été n’en a plus que pour une quinzaine d’année, entraînant par exemple irrémédiablement l’ours polaire dans sa disparition. De plus, le permafrost, correspondant au sol gelé des pays nordiques, est en train de commencer à fondre, libérant un méthane naturel qui réchauffe encore plus l’atmosphère. « Si l’Homme n’agit pas assez vite, le cercle vicieux qui est en train de se mettre en place au niveau des éléments naturels entraînera d’énormes problèmes, à terme ».

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Nicolas Vanier nous explique que l’écologie alarmiste et punitive ne fonctionne plus depuis un moment, et à force de la rendre négative et contraignante, les gens voient l’écologie prennent l’écologie en grippe (Exemple flagrant du mot « taxe » employé pour la contribution carbone). Même les médias, constatant des baisses d’audience sur les émissions et débats télévisés portant sur ce thème, préfèrent les remplacer par d’autres. Vous vous êtes par ailleurs peut être rendu compte que durant les discours de la campagne présidentielle, l’incontournable question environnementale, a été quasiment exclue des débats !

Une écologie positive, basée sur l’action de tous : gouvernements, entreprise, et surtout « consomm’acteurs »

Le temps n’est plus aux discours, mais bien à l’action, vu les dérèglements climatiques déjà installés, constatés aux quatre coins de la planète. Chacun peut faire attention à ce qu’il consomme (alimentaire / énergies) pour éviter les énormes gaspillages qui se pratiquent actuellement. La terre a suffisamment de ressources pour nourrir  9 milliards d’individus, à condition de les utiliser intelligemment, ce qui est loin d’être le cas actuellement. Nicolas Vannier prenait l’exemple d’une grande entreprise internationale pour qui il a travaillé afin de réduire son empreinte écologique. Au départ l’entreprise s’imaginait que les efforts à accomplir allaient être très contraignants, ses dirigeants étaient très fermés.  Après réflexion, il a été proposé comme action de remplacer les nombreux trajets internationaux de plusieurs responsables de l’entreprise, et réalisés en avion, par des réunions en vidéo-conférence.

Résultats :

  • Gain de temps (2 ou 3 jours de gagnés par voyage, logistique comprise)
  • Gain d’énergie (décalages horaires fatiguant)
  • Et surtout gain comptable : Imaginez les économies réalisées …

Grâce à ces économies, l’entreprise a créé une salle de sport & bien-être pour ses employés et leurs enfants, comprenant entre autres une piscine.

Ce que veut dire Nicolas Vannier avec ce bel exemple, c’est que l’écologie n’est pas synonyme d’inconfort, comme on voudrait nous le faire croire, mais d’optimisation. Il préfère porter son attention sur les évolutions de la technologie, qui, d’années en années avance (remplacement du nucléaire ou conception de véhicules plus propres dont le développement de l’électrique, et des voiture à hydrogène, etc). Et surtout, Nicolas Vanier insiste sur le fait que le consommateur détient un véritable pouvoir d’action en matière d’écologie, dont il n’a souvent pas conscience.  J’en profite pour donner des exemples de la vie quotidienne qui me viennent à l’esprit :

  • En évitant surtout les produits sur-emballés; en privilégiant les produits en vrac quand c’est possible;
  • En privilégiant les matériaux durables ou naturels aux matériaux jetables ou difficiles à recycler, (Exemple : emballages carton ou verre pour les boissons par par rapport au plastique);
  • En pratiquant rigoureusement le recyclage (on devrait d’ailleurs payer notre taxe d’ordures ménagère au poids pour inciter à moins acheter d’emballages et à moins jeter).
  • En réduisant sa consommation de viande : inutile et même déconseillé pour la santé d’en manger aux 2 repas journaliers. Pourtant, c’est une pratique courante dans les pays modernes où les maladies cardio-vasculaires sont reines. Il vaut mieux acheter beaucoup de viande de basse qualité en supermarché ou en acheter moins mais de très bonne qualité chez son artisan-boucher, le faisant vivre par la même occasion ?
  • En prenant les transports en commun ou un covoiturage quand c’est possible
  • etc.

L’écologie, c’est avant tout du bon sens à portée de tous, pour que nos enfants puissent continuer à bénéficier de conditions de vie normales sur la planète, et puissent vivre en communion (et non en compétition) avec les milieux et la biodiversité. En guise de conclusion, l’explorateur déclare que sa génération s’est globalement consacrée à posséder, AVOIR le plus de biens possible, alors que pour être heureux, il faut d’abord ETRE. « Etre riche d’expériences et de partages » comme il dit, à raison.

Nicolas Vanier a su vivre ses rêves, grâce à sa persévérance et sa combativité.  » La vie est trop courte pour rêver sa vie ».  La conférence s’est suivie d’une multitude de questions posées par un public intéressé et passionné par ce témoignage. Une séance d’autographes était prévue à la sortie du théâtre.

Carine Charlier.

 

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